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De l'information

« L’information n’est pas gratuite, et les utilisateurs ont besoin d’une frontière nette entre information et contenus de marque », affirme le cofondateur du site d’information Explicite, site qui incite ses lecteurs à activer des « boutons de connaissance ».

Pourtant à l’origine, l’Internet a bien été conçu par les chercheurs comme un outil d’entraide et de partage de l’information. Et l’échange est à tel point l’ADN de l’Internet que les marchands de tout poil se voient contraints de passer par du gratuit avant de proposer du payant. Le gratuit tendrait même à nous envahir toujours davantage et les vendeurs doivent déployer des trésors d’ingéniosité pour monnayer leur gratuité en échange de nos précieuses informations.

Or tout le monde sait aujourd’hui que si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit. Chacun de nous représente en effet une mine énorme d’informations qui, bien exploitées, créent de la richesse. L’info rapporte gros. Elle s’enfle d’une telle valeur, qu’on peut se demander si elle ne finira pas par devenir un jour la seule monnaie d’échange dans un monde où l’accès à la connaissance serait la clé de sa survie et de son ascension sociale ?

Un monde où la vie de l’homme ressemblerait à un parcours du “con battant” toujours en quête d’un savoir, aussi expansible qu’une galaxie, mais toujours plus lointainement accessible. Pour se maintenir sur l’échelle sociale ou en grimper les échelons, l’être humain devrait accéder à des niveaux de connaissance supérieurs, moyennant une contrepartie financière ou énergétique, ce qui à bien y regarder, revient à peu près au même. 

Impossible, m’objecterez-vous ? Et pourquoi non ? N’est-ce pas nous qui décidons de la valeur des choses ? Et dès l’instant où c’est imaginable, cela n’entre-t-il pas dans le domaine du possible ? Dans Voyage au pays des sons, un roman encore en chantier, mon héros capte ses informations par le biais de puces implantées dans son cerveau. Après avoir quitté le monde abstrait de l’impersonnel, monde où l’homme mi-humain, mi-machine, est géré par le “Cogiteur” une intelligence artificielle, il se retrouve à notre époque, errant, affamé, dans un parc, sans le moindre repère spatio-temporel, ses puces lui ayant été enlevées,

Les premières paroles qu’il prononce en reprenant contact avec notre monde sont alors : “ai faim”. S’il exprime ainsi son envie de manger, il dit aussi en substance “F1” qui était la commande standard pour obtenir de l’aide ou des infos à l’ère de l’impersonnel.

Inconsciemment, il met au même niveau le besoin de nourriture pour son corps et le besoin d’information pour son esprit. Car sa survie dépend autant des deux et bien plus peut-être des informations qui lui permettront d’affronter sa nouvelle situation.

Et puisqu’on oppose aujourd’hui à l’information des “contenus de marque”, tout laisse à penser que l’information de demain rejoindra le rang des produits à forte valeur ajoutée. A payer avec notre vie ?

Voir aussi mon billet L'intelligence artificielle m'a tuer du 3 octobre 2018

Tag(s) : #Dans les médias
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