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Au nom de la mère et de la fille

Dans mes précédents billets, j'ai parlé de l'extraordinaire crédulité que les adeptes d'une religion montrent envers les textes religieux, alors même que le simple bon sens et les acquis de la science en pointent les nombreuses incohérences. J'ai mentionné que ces textes, dits sacrés, ont subi de nombreuses modifications et que des docteurs de la foi se sont succédé pour en rédiger les modes d'emploi. Bien souvent, leurs choix se sont opérés au détriment de l'aspect spirituel, privilégiant d'abord des intérêts terrestres pour asseoir leur pouvoir matériel et temporaire sur les hommes (de là, les nombreux schismes propres à toutes les religions). 

Dans leur principe, les religions ont pour but de relier (religere) le matériel et le spirituel et d'assurer une cohésion sociale. Elles agrègent et fédèrent. Ne dit-on pas couramment que l'on "appartient" à telle ou telle religion ? Toutes prônent peu ou prou l'amour du prochain, la charité, le jeûne et la prière. Pourtant, quand on voit le nombre d'abus et d'exactions à leur actif, on peut se demander ce qu'aurait été l'évolution humaine si elles n'avaient pas existé et si, en fin de compte, elles n'ont pas fait plus de mal que de bien à l'humanité. Dans les faits, elles ont imposé et imposent encore de nos jours dans certains pays un lourd carcan aux hommes en les mystifiant et en les maintenant dans la servilité.

Mais pour moi, les religions ont surtout en commun une haine implacable de la gente féminine. Le patriarcat qui les caractérise est un système cohérent de domination masculine qui prive pratiquement les femmes de tous droits et s'accompagne de moyens d'oppression physiques ou psychiques. La femme est l'éternel bouc émissaire. En raison de ses menstrues, elle est aussi considérée comme impure par un grand nombre de religions. À l'image du démon, elle est la tentatrice qui, par sa force de séduction, dépossède l'homme de sa virile capacité de domination.

Et puisque la femme est un objet de péché et d'impureté, la sexualité, acte d'amour s'il en fût, est forcément d'un point de vue religieux quelque chose de mal et de sale qui souille et avilit. Là non plus, pas de liberté. La sexualité ne doit être pratiquée qu'une fois un mariage dûment contracté. Ce contrat passé entre familles et époux est censé lier les êtres spirituellement et socialement. Mais il ne fait que les aliéner davantage aux dictas des autorités religieuses.

Oui, la femme est la bête noire des religions. Mais comme c'est elle qui donne la vie en recueillant la semence de l'homme, les religions ne manquent pas de l'instrumentaliser : pour s'épanouir, la femme doit être une bonne épouse, une bonne mère, et cela va sans dire, une bonne croyante. Nulle existence en dehors de cette identité qui justifie envers elle toutes les exactions : violences, viols, inégalités sociales, politiques et économiques. A l’époque de l’Inquisition, on les brûlait même comme sorcières. De nos jours encore, elles sont excisées, infibulées, voire violées ou violentées.

De tous temps, qu’elles aient été polythéistes ou monothéistes, les religions ont considéré la femme comme un être inférieur et irresponsable et ont contribué à son asservissement par les différents pouvoirs politiques. Mais au-delà de la femme, il faut voir dans cet acharnement un engouement pour la mort et une détestation de la vie. Même si c'est à partir d'elle qu'elle nous est donnée, la vie ne doit surtout pas être une jouissance ! Les religions sont les championnes de l'interdit.         

Comme on le verra dans un prochain (et sans doute dernier) billet, les religions sont aussi les championnes de l'hypocrisie.

 

Sur le même sujet :

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Nous naissons tous athées Fil du 7 février 2020

Près de 10 000 religions convaincues de leur vérité Fil du 18 avril 2020

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Tag(s) : #Au fil du vent... Divers
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