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Polexit : et pourquoi pas ?Polexit : et pourquoi pas ?

En Pologne, le tribunal constitutionnel vient d'affirmer la primauté du droit polonais sur le droit européen au  motif que certains traités de l'Union seraient incompatibles avec la constitution du pays et saperaient la souveraineté nationale. Va-t-on assister du coup à un Polexit, une potentielle sortie de la Pologne de l'UE ? Rien n'est moins sûr et l'Union européenne qui s’est dite « préoccupée » par la situation, a assuré qu’elle « utilisera tous les outils » à sa disposition pour protéger la primauté du droit européen.

Rien n'est encore fait mais si cela devait être, une telle issue n'en serait pas forcément malheureuse tant il est évident que les fauteurs de trouble comme les Anglais, les Hongrois ou les Polonais ne font que saper les fondements de la communauté européenne. Il me semble même souhaitable que ceux qui contestent la légitimité des instances de l'Union et s'élèvent contre ses décisions, puissent quitter librement le navire comme l'a fait la Grande-Bretagne. Tant mieux pour nous !

La première erreur de taille commise par la communauté européenne est d'avoir accepté en 1993, malgré l'avis défavorable de la France, l'adhésion de la Grande Bretagne, alors qu'elle frappait depuis longtemps à notre porte et avait même essuyé un veto de notre part. De Gaulle avait vu juste. Il savait que nos amis les British ont et auront toujours une mentalité d'insulaire et qu'ils ne se sentiraient donc pas solidaires du reste de l'Europe. Il savait aussi que Churchill avait déclaré "qu'entre l'Europe et le grand large", l'Angleterre soutiendrait toujours le grand large… c'est.à dire les États-Unis. Chose qui s'est vérifiée lors de la guerre d'Irak où Blair s'est fait le gentil petit toutou de la grande Amérique.  Il faut rappeler encore qu'un très grand nombre de députés britanniques était contre l'adhésion, ce qui laissait prévoir en perspective des dissensions chez nos voisins d'Outre-Manche.

La seconde erreur a été d'accepter en 2004, à l'incitation d'ailleurs de la perfide Albion qui ne voyait dans le marché commun que le volet économique, l'entrée de 10 pays qui, à l'exception de Malte et Chypre étaient d'anciens satellites de l'URSS.  Cette adhésion a provoqué une forte distorsion de la concurrence et a contribué à délocaliser l'industrie européenne vers ces nouveaux eldorados économiques, qui n'avaient ni le même niveau de vie, ni les mêmes protections sociales que le reste de la communauté. Parmi ces pays, la majorité était constituée de peuples dont l'appellation, soit dit en passant, provient du latin médiéval sclavus, qui a donné naissance au mot esclave. Des peuples qui sous la férule de la Russie, pays dirigé par des "César" et des autocrates, ont adopté une mentalité de moujiks préférant le knout1 à la démocratie. Traumatisés surtout par les longues années de domination soviétique, certains de ces pays considèrent l'Europe comme une nouvelle U.R.S.S qui tente de leur imposer son joug. Pour certains même, accéder à la communauté européenne c'était plus que tout adhérer à l'OTAN pour se protéger d'un puissant et dangereux voisin, la Russie.

Mais la Pologne n'est pas l'Angleterre. En regard d'un poids économique qui n'a rien de comparable,  il n'est pas sûr que les autres pays européens, sauf peut-être la Hongrie, fassent beaucoup pour la retenir. Pas sûr non plus qu'elle ait tant envie de partir car elle y perdrait tôt puisqu'elle a véritablement besoin des millions d'euros qu'insuffle l'Europe dans son économie. Je gage que sa santé financière sera un sérieux frein à ses velléités de séparatisme. Reste la question : faut-il dire dommage ?

1. En Russie, fouet constitué de plusieurs lanières de cuir.

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